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Life is fantastic

Un petit saut pour l'homme, un grand pas pour l'humanité - sixième discours Toastmasters

Rédigé par Alain Sanguinetti 1 commentaire

Aujourd'hui, nous voyageons.
Nous voyageons dans de superbes oiseaux d'aluminiums, répondant aux doux noms d'Airbus, Boeing, Bombardier, Dornier, et d'autres.
Ils transportent dans leurs ventres des centaines de passagers sur des milliers de kilomètres. Ils prennent appui sur l'air pour rejoindre les nuages les plus hauts de notre atmosphère. Leur vie ne tient qu'au fil de l'air qui s'écoule de part et d'autres de leurs ailes. Pour arriver à la maîtrise, relative, de ce phénomène physique, le chemin fut un fleuve long et plutôt tumultueux.

Alors, aujourd'hui, voyageons. Voyageons dans le temps et allons assister à l'essai de l'Eole, aéroplane construit par Clément Ader en 1890.

Nous assisterons au premier décollage de l'Histoire puis nous ferons plus ample connaissance avec Clément Ader et enfin nous verrons quelles sont les leçons de cette histoire.

Premier saut de puce de l'Avion I

Je vous invite donc à assister au premier décollage de l'histoire.

Nous sommes le 9 octobre 1890, dans le parc du château de Gretz-Armainvilliers.
L'atmosphère est studieuse, les employés de monsieur Ader s'affairent autour d'une structure étonnante.
Dans le grand parc du château, bordé au loin d'une forêt, une chauve-souris géante est allongée sur la pelouse.
Un doux chuchotement s'ajoute aux chants d'oiseaux du parc, celui du moteur à vapeur qui chauffe l'eau grâce à des brûleurs à alcool, une invention de monsieur Ader.

Clément Ader est en effet le père de l'Eole, c'est ainsi que s'appelle le premier avion. Celui qui inaugure le nom désormais commun "avion".
En s'inspirant des chauves-souris géantes d'Inde, qu'il a longuement observés au sein de sa volière privée, Clément Ader a concu un appareil doté de grandes ailes mimant celles de ces volatiles.
Réalisées en tubes et en soie élastiques, les ailes doivent permettre de soulever l'Eole et de le contrôler en agissant sur 6 leviers.
A l'avant, 2 hélices, fabriquées en bambou taillées en forme d'ailes d'oiseaux doivent propulser l'appareil.

Lorsque Clément Ader s'installe aux commandes de son appareil et libère la puissance des 20ch de son appareils, tous ses employés retiennent leur souffle. Sa femme, l'observe d'un œil inquiet.

L'hélice tourne désormais tellement vite qu'il est impossible de distinguer les pales.
Lentement, l'Eole accélère.
Il accélère plus en plus vite. Le vent gonfle et tend la toile de ses ailes. Les articulations craquent.

Sur la pelouse du parc, les roues roulent à toute vitesse.

Soudain, elles ne touchent plus le sol. L'Eole vole.

Sur une cinquantaine de mètre, Clément Ader, aux anges, a réussi son rêve, faire voler un appareil plus lourd que l'air.

Clément Ader, comment il est arrivé à ce résultat

Clément Ader rêve de cela depuis très longtemps.

Déjà tout petit, il était passionné par le moulin de son grand-père. Les mécanismes en bois qui anime la meule le fascinait.
Héritier d'une lignée de menuisiers, il est rompu aux techniques de construction en bois mais l'appel des mathématiques et de la création est trop fort chez lui. Il ne sera pas menuisier mais ingénieur.

Sa première invention est une amélioration du vélocipède. Cette étrange trottinette en bois qui préfigure le vélo. D'abord construite intégralement en bois et en métal, avec les inconvénient de confort que vous pouvez imaginer lorsque la roue est rigide comme du fer et que vous roulez sur des pavés. Clément Ader imagine d'ajouter du caoutchouc. Il imagine aussi d'utiliser un cadre en tôle pliée de manière à former des tubes carrés. Sur les modèles de B'Twin récent, on est pas loin de cette forme.

La guerre avec la prusse met fin à ce business. C'est tant mieux car sa fortune viendra finalement de son intérêt pour le téléphone. Il distribue en France les premiers combinés.

Grosse fortune mais insuffisant pour permettre de créer le premier plus lourd que l'air à voler. Il est soutenu par un parrain, banquier, qui finance en partie ses recherches en l'employant comme scientifique.

Un emploi bien réel qui, finalement, abouti en 1879 à créer le premier prototype, qui lui permet de démarcher l'armée pour obtenir d'autres financements.

L'aventure s'arrête en 1897 à la suite d'un vol peu convaincant et d'un crash devant les officiels de l'armée, qui préfèrent arrêter les frais.

Morale sur les inventeurs

Pour autant, l'imagination d'Ader ne s'arrête pas et il continuera à produire des inventions en série. Dans l'automobile, la navigation, etc.

Nous avons assisté au premier décollage de l'histoire, je vous ai présenté Clément Ader et maintenant, comme je l'avais annoncé dans l'introduction nous allons tirer les leçons de cette histoire.

C'est à ce moment là que j'ai eu un problème lors de l'écriture de mon discours. Je me suis demandé ce que j'allais bien pouvoir tirer comme leçon de cette histoire. Surtout, je me suis demandé s'il fallait absolument, toujours, finir un discours par une morale. Un peu comme dans le schéma "my story, my struggle" qui a été diagnostiqué comme étant incroyablement ennuyeux dans le dernier numéro de notre magazine Toastmasters.

Bref, pas de leçon, pas de morale.

Je voulais simplement partager avec vous cette histoire singulière, que je trouve belle et inspirante, de l'inventeur du premier avion. Il est d'ailleurs l'inventeur de ce mot "avion" et c'est sans doute ce que nous avons gardé de lui car personne ne s'est inspiré de ses créations pour concevoir de nouveaux avions.

C'est d'ailleurs ce que souligne Guillaume Appolinaire dans un poême intitulé "L'avion" en 1910, qui se termine ainsi : « Il lui restait un mot, il n'en reste plus rien. »

Conclusion

Je vous rassure, ce n'était pas la conclusion. Je ne me permettrais pas de finir une belle histoire sur une note aussi triste.

Je préfère vous inviter à donner tort à Guillaume Appolinaire : aujourd'hui Clément Ader a des rues à son nom, le nom avion est utilisé partout. Un des ses avions est suspendu dans une grande cage d'escalier du musée des arts et métiers à Paris. Plusieurs pages sur Wikipedia lui sont consacrées. Ce n'est pas rien.

Je terminerai sur une ouverture : pensez à tous les inventeurs actuels, qui imaginent les nouveaux moyens de récupérer les énergies renouvelables, de se déplacer, de se soigner, de cultiver, etc.

J'ai hâte de voir ce qu'ils vont créer pour pouvoir faire de nouveaux discours !

Notes

Sixième discours du programme Toastmasters, donné le 24 avril 2017 à Agora75 Toastmasters

Rendez-vous sur la page "à propos" pour plus d'informations à mon sujet.

1 commentaire

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